3ème Dimanche de Carême

Homélie :Père Joël Lavens

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1er Dimanche de carême

2ème dimanche de Carême

Cet évangile nous parle de malheurs qui ont beaucoup frappé les esprits : des galiléens massacrés pendant qu’ils présentaient leur offrande à Dieu (politique romaine de répression) et 18 morts lors de la chute de la tour de Siloé (catastrophes naturelles). Et nous-mêmes, nous pensons à toutes ces catastrophes qui frappent notre monde, le séisme en Haïti et au Chili, les tempêtes en France, les victimes de la violence au Congo et au Soudan, Afghanistan, des accidents ou des maladies. A l’époque de Jésus, on avait l’habitude de penser que cela était dû aux péchés des victimes. Et nous-mêmes, il nous arrive d’entendre des personnes très éprouvées par la maladie qui se demandent : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour tant souffrir ? » ou personnes très choquées par des malheurs qui l’ont accablés, elle ou d’autres, et qui laissent éclater leur désarroi voir leur colère contre Dieu.
Devant l’horreur du massacre et la catastrophe de la Tour de Siloé, on se tourne vers Jésus pour lui demander une réponse claire ; il est catégorique : il n’y a aucun lien entre la souffrance et le péché. Un autre jour, on lui posera la même question au sujet d’un aveugle-né : Qui a péché pour qu’il soit né ainsi ? Lui ou ses parents ? Et Jésus répondra : « Ni lui, ni ses parents. » Ainsi, Jésus laisse ouverte la difficile question du rapport entre le malheur et le péché personnel. Une seule chose est sûre : Dieu est amour. Il n’est surtout pas un justicier sans cœur.
Nous le voyons dans la première lecture : il a vu la misère de son peuple et il fait appel à Moïse pour le libérer. Le même Dieu voit tous les malheurs qui accablent aujourd’hui des hommes, des femmes et des enfants ; et il continue de faire appel à des prophètes , mais aujourd’hui c’est à nous, les baptisés qui par l’onction du Saint Chrême avons été fait « prêtre, roi, prophète ». C’est nous qui sommes envoyés pour construire un monde plus juste et plus fraternel, un monde ouvert au partage et à l’accueil de l’autre. C’est notre mission de baptisé, d’enfant de Dieu de gérer notre propre vie, de gérer ce monde. Là, il ne nous remplace pas.  Mais Dieu est toujours présent  à côté de nous comme il a été à côté d’Israël, son peuple choisi dans le désert du Sinaï. iIl lui a donné une charte, les 10 commandements pour vivre en harmonie avec lui et les autres hommes. Mais selon St Paul dans la 2ème lecture, quelle en a été la suite ? : « Cependant la plupart n’ont fait que déplaire à Dieu ? » c'est-à-dire qu’ils ont bafoué, renié ces 10 commandements et cela n’est jamais sans répercussions sur la nature, la vie sociale… par notre faute ! Et les conséquences sont lues comme des punitions de Dieu. Mais les prophètes et Jésus surtout ne sont pas dans cette ligne.  Jésus nous enseignera que Notre Dieu se reconnaît en celui qui souffre, qui a faim, qui est étranger. A travers le pauvre, c’est Jésus que nous accueillons ou que nous rejetons : lui-même nous le dit : « chaque fois que vous l’avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25)
C’est donc un appel urgent qui nous est adressé en ce temps du Carême. Il nous faut prendre très au sérieux la parole de Jésus : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez comme eux. » Non ce n’est pas une menace, ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr ; c’est nous qui allons à notre perte. Nous le savons, pour notre corps physique, la mort peut arriver à l’imprévu. Notre corps physique fait partie d’un Univers qui le dépasse…  depuis des millions d’années Et pour des millions d’année…qui sait ? ... Mais s’il s’agit de notre âme, de l’esprit qui habite ce corps physique… Alors c’est pour lui que le Christ nous demande instamment de ne pas remettre à demain notre conversion.  Car Le danger le plus grave c’est celui de la mort éternelle, -- celle qui sépare définitivement l’homme de Dieu. Chacun est donc invité à se convertir, changer de comportement et se détourner des esprits mauvais, des péchés. Dieu ne veut que notre bonheur. Il attend de nous une vie belle et fructueuse,. Mais si nous refusons d’entendre son appel, c’est nous qui faisons notre malheur.
Jésus a expliqué cela en nous racontant l’histoire de ce figuier qui ne produit aucun fruit. Depuis trois ans, l’arbre n’a pas donné la moindre figue et il risque d’être coupé. Le vigneron demande un délai d’un an pour qu’il puisse apporter à ce figuier les soins qui lui permettront de produire du fruit. Nous sommes aujourd’hui ce figuier qui doit faire la joie et la fierté de son Maître. Notre Dieu recherche toujours à nous donner le meilleur de lui-même, son Esprit Saint, mais nous faisons la « fine bouche » ou nous le refusons : il y a plus de plaisir ailleurs, au moins le croit-on !  Alors Dieu fait preuve d’une grande patience, il sait attendre. Il attend ==ce temps de Carême commencé le 17 février, ==le retour de ses enfants égarés.
Son unique désir c’est d’entrer en nos cœurs et d’y régner avec son Esprit d’Amour.
Béni sois-tu pour ton amour, ta patience, ta miséricorde. Donne-nous d’entendre tes appels à nous convertir et à nous tourner vers  toi. Sois avec nous pour que nous soyons toujours de vrais témoins de ton amour dans le monde d’aujourd’hui. Amen

 

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