Messe de funérailles de Claude
  Vendredi 11/05/07

Introduction (Mgr Fischer)

......C'est pour affirmer notre amitié, notre affection pour Claude et les siens, que nous sommes rassemblés ce matin autour de Claude, dans cette cathédrale, devant le Seigneur.
......C'est dans cette cathédrale qu'elle a, le 27 Juin 2004, prononcé son engagement, fait sa consécration au Seigneur. Dans une démarche de foi, elle a choisi le Christ dont elle avait découvert l'amour. Dans une de ses poésies elle a écrit : " Ma raison d'être, c'est ma Foi ! Oui, ma raison d'être au Seigneur c'est Toi, ma passion.... C'est goûter un peu plus chaque instant, aux délices de ton amour." Elle a mis sa confiance et son amour dans le Seigneur. Elle a cheminé pendant sa vie à travers les joies et les peines ; comme nous tous, elle a connu des difficultés, les souffrances, les échecs, mais elle a été bien ancrée dans cette foi qu'elle a reçue le jour de son baptême, dans cette foi qui s'est épanouie pleinement, dans cet amour qui s'est réalisé, épanoui pleinement dans la consécration qu'elle a prononcée ici devant nous.
......Aujourd'hui, en mémoire de cette consécration, de cette foi et de cette vie qu'elle a reçues au baptême, je vais déposer sur son cercueil le cierge de sa consécration. Nous savons que Claude est parmi nous, d'une façon "autre", elle n'est pas dans le cercueil, elle est présente, vivante, parmi nous ; elle avait foi en cette victoire sur la mort et c'est cette même foi que nous allons proclamer ensemble en célébrant cette Eucharistie.

Homélie de Mgr Fischer

......" Moi, je suis la Résurrection et la Vie, celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. Et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais."

......C'est la réponse de Jésus-Christ à Marthe qui était dans le deuil comme nous aujourd'hui. Elle avait perdu son frère, un être cher, et elle avait foi en l'amitié de Jésus, en la puissance de sa prière…Dans ce passage, Jésus proclame par avance sa victoire sur la mort, et invite Marthe, et nous aussi, à la foi. Avec elle nous redisons par notre présence ici " Oui, Seigneur je le crois "
......Nous sommes encore dans le temps pascal, ce temps qui nous invite à méditer sur cette victoire que Jésus Christ a annoncée et réalisée pleinement en ressuscitant et en se montrant vivant aux apôtres, en partageant le repas avec eux, et en les envoyant à travers le monde proclamer la Bonne Nouvelle de sa victoire sur la mort et le péché. Cette Bonne Nouvelle est venue jusqu'à nous grâce aux apôtres, grâce à ceux de toutes les générations qui ont transmis de père en fils, cette foi en la victoire du Christ, en la victoire de l'amour, en la victoire du bonheur, de la vie pour toujours.
......Dans la première lecture, nous avons entendu Paul. Paul était un persécuteur des chrétiens qui partait à Damas pour emprisonner les chrétiens, et voilà que sur le chemin il rencontre le Christ qui lui dit : " Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? " Et Paul comprend qu'il fait fausse route… Après avoir rencontré les apôtres, les témoins de Jésus Christ, il change son regard sur Dieu et découvre que Dieu n'est pas un Dieu qui cherche d'abord à punir, mais un Dieu qui cherche d'abord à aimer et à sauver et à montrer le chemin de la vie à ceux qui mettent en Lui leur foi. C'est pourquoi il deviendra lui-même missionnaire pour proclamer cette victoire du Christ à travers le monde car cette victoire, il l'a compris, ne concerne pas seulement le Christ, cette victoire concerne tous ceux et celles qui mettent en Lui leur foi.
......Si nous sommes rassemblés ce matin autour de Claude, c'est parce que cette Bonne Nouvelle est parvenue jusqu'à nous et je pense que la plupart d'entre nous y croient et ont fait "leur" cette victoire de Jésus Christ sur la mort car autrement, notre présence ici n'aurait pas beaucoup de sens.
......Croire en cette victoire, Paul l'a proclamé, et pour le proclamer, il a passé à travers des souffrances, il a dû changer de regard sur lui-même, sur Dieu, et aussi sur ses frères, ses frères qu'il persécutait, il a compris qu'ils sont " le Corps du Christ ", qu'ils sont " la famille du Christ ", qu'ils sont les membres de ce Corps du Christ et il a eu le souci de faire grandir ce Corps en parcourant les régions, des pays, et en proclamant partout cette victoire. Cette victoire que Paul proclame, elle est " sienne ", elle est aussi " nôtre " si nous croyons.
......Claude que nous entourons aujourd'hui, a découvert toujours un peu plus, comme elle le dit dans une de ses poésies : " pas à pas ", elle a découvert cette victoire du Christ, cet amour du Christ qui était essentiel dans sa vie. Certes, nous tous ou la plupart d'entre nous, avons reçu le baptême, nous avons reçu aussi cette foi en la victoire du Christ, nous avons reçu cet amour et cette vie qui dépasse la mort mais ce don de Dieu est confié à notre liberté, chacun peut accueillir ce don ou le rejeter, lui faire barrage. Lorsque les difficultés, les souffrances, les échecs, arrivent, il n'est pas toujours facile de dire "oui", de croire à l'amour du Christ. Comme pour nous, cela n'a pas toujours été facile ni évident pour Claude. Lorsqu'elle a découvert sa maladie, qu'elle a pris conscience des conséquences que cette maladie entraîne, des souffrances qu'elle aurait à supporter, "pas à pas" comme elle l'a écrit, elle est allée à la suite du Christ, elle a marché vers le Christ : " Pas à pas, je marche vers Toi Seigneur. " Et elle a continué à cheminer dans la foi, humblement, avec courage, mais aussi dans la prière, en grandissant, en approfondissant sa relation avec le Christ dans ses rencontres avec Lui : " Pas à pas, mon cœur s'ouvre à Toi " écrit-elle encore.
......Claude a découvert que le Christ est quelqu'un de vivant, quelqu'un qui l'aime et qui apporte une réponse d'amour à tous ceux à qui il offre son amour et elle a répondu peu à peu, "pas à pas" elle a mis son esprit, sa confiance, sa vie, entre les mains de Dieu : " Pas à pas, je remets mon esprit entre tes mains " dit-elle.
......Je me souviens aussi lorsqu'elle est venue me voir en 2001 cherchant comment mieux servir le Seigneur et les autres, me demandant comment faire pour se donner davantage au Seigneur, pour trouver sa route, pour se consacrer au Seigneur. Elle avait exprimé le désir d'être toujours plus proche et plus fidèle à l'appel de Dieu et c'est peu à peu qu'elle a discerné cet appel de Dieu qui a donné un sens toujours plus grand, plus beau, à sa vie au service de Dieu et des frères et soeurs… Et dans certaines de ses pensées, elle nous le dit : " La maladie, c'est en elle que je trouve la guérison de l'âme, c'est en elle qu'on trouve l'humilité, c'est en elle qu'on trouve la vérité ; la jeunesse du corps ne dure qu'un temps mais la sagesse de l'Esprit nous rajeunit de jour en jour. "
......C'est à travers la souffrance qu'elle a pris toujours davantage conscience de l'amour de Dieu pour elle et elle a essayé, à sa façon, de répondre à cet amour. Elle savait que ce qui compte c'est cette victoire finale. Elle dit encore : " L'homme passe sa vie à garantir toutes ses acquisitions matérielles, il va même jusqu'à assurer ses propres funérailles, Dieu lui, nous garantit dans le Christ l'assurance d'une vie éternelle si nous savons aimer pleinement "… Et elle l'a vécu, elle l'a fait.
......Tout à l'heure, je vais demander à Mme Claudine Kuhn de nous lire une de ses poésies - Claudine, qui l'a aidée dans ses soins lorsqu'elle l'a accompagnée à Paris pour remplacer sa mère qui le faisait depuis de longues années, comprend mieux ce que Claude a pu souffrir. Elle a vu, senti, comment elle a assumé ses souffrances pour en faire une prière, pour les offrir en amour à Celui qu'elle aimait, qu'elle aime toujours et qu'elle a rejoint à présent. Elle s'est donnée à Lui de tout son cœur : "Pas à pas, dit-elle encore, mon âme t'appartient, pas à pas, me voilà toute à Toi."
......Au moment de sa consécration, elle s'est donnée entièrement au Seigneur et elle a mis sa confiance et son amour entièrement dans le Christ. Et puis elle continue "pas à pas…" et par des points de suspension pour dire qu'il faut qu'elle continue à vivre, à assumer ses souffrances, à cheminer jusqu'au jour où elle va rentrer avec son époux dans la maison du Père, pour partager pour toujours cette joie, cette vie, cet amour qu'elle a vécu dans la foi pendant toutes ces années. C'est dans cet amour qu'elle a puisé la force de garder le sourire malgré ses difficultés, malgré ses peines, malgré ses souffrances, elle a écrit : " Le sourire, c'est la santé de l'âme et la fraîcheur du cœur. " Elle l'a montré et tous, nous avons pu profiter de cela dans nos rencontres avec elle.
......Elle dit encore : " Ce qui me tient à cœur ce n'est pas me soigner, mais soigner le Corps du Christ ",- c'est-à-dire travailler à faire connaître l'amour du Christ au milieu des hommes d'aujourd'hui pour que cette Eglise, le Corps du Christ, grandisse toujours davantage en amour et que s'approfondissent cette paix et cet amour entre les hommes,-, " car me soigner n'est qu'ennui et lassitude, mais soigner le Corps du Christ est délice et plénitude. "
......Elle a conscience de sa mission au milieu de nous, à nous aussi de l'accueillir et d'essayer de répondre fidèlement à l'appel que le Seigneur nous adresse depuis notre baptême, pour vivre notre mission en fidélité à l'engagement de notre baptême.
......Vous allez écouter maintenant Claudine qui va nous lire un poème de Claude - elle en a écrit beaucoup, j'en ai lu plusieurs en préparant cette célébration -

 

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