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HOMELIE de Monseigneur Lucien FISCHER lors de la Consécration de Claude Artur le 24 Juin 2004 en la Cathédrale de Saint-Pierre |
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L'Evangile d'aujourd'hui nous présente Jésus en route
vers Jérusalem. Jésus venait annoncer dans le passage qui précède, qu'il allait à Jérusalem pour être glorifié, mais d'une gloire un peu spéciale. Il savait qu'il allait à Jérusalem pour être rejeté par les anciens, qu'il allait être mis en prison, qu'il allait souffrir et qu'il allait mourir, et que le troisième jour, il ressusciterait. Les Apôtres avaient de la peine à comprendre cela. Et voilà qu'il marche librement, courageusement, vers Jérusalem, vers sa fin, vers sa mort. Et sur la route il rencontre des Samaritains, des gens qui refusent de l'accueillir, alors que Lui, marche vers sa mort pour nous montrer combien est grand l'amour de Dieu pour tous les hommes. Il avait dit "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime" - et bien il veut le réaliser librement, pour nous montrer que Dieu est notre Père, qu'Il nous aime et qu'il n'y a pas de limites à son amour. Et du coup, lorsque les disciples demandent que le feu du ciel descende sur les Samaritains qui refusent de l'accueillir, le Christ refuse. Il respecte la liberté de ces Samaritains; il respecte leur refus, il ne s'impose pas par la force. Lorsque ensuite, un homme lui demande de le suivre, il l'avertit : me suivre, être disciple, comme il le dit un peu plus haut dans l'évangile, c'est prendre sa Croix, c'est accepter de n'avoir pas de lieu à soi, pas de chez soi ici bas, pour tendre vers cette vie qui ne finit pas et qu'il lui propose. A celui qu'il appelle à le suivre, et qui lui demande d'attendre parce qu'il veut d'abord satisfaire aux obligations de la coutume, il répond : " Marcher vers la vie demande qu'on n'ait pas de regrets, mais qu'on y marche librement, qu'on y aille avec courage ". A l'homme qui lui demande de le suivre et qui est prêt à le suivre partout où il va mais qui veut d'abord dire au revoir à ses sœurs, à ses frères, à son père, il répète encore que lorsqu'on veut le suivre, il n'y a plus de " mais ", il faut marcher sans regarder en arrière, il faut se donner totalement à cet amour qu'on a découvert et auquel on veut être fidèle. Pierre que nous fêtons aujourd'hui, le sait par expérience. Pierre avait dit au Seigneur "Je suis prêt à aller jusqu'à la mort avec toi", et lorsque la femme, la servante, lui demande : "Es-tu l'ami de Jésus ?", il répond : "Non, je ne le connais pas", il le renie. Mais ensuite, il a pris conscience de cet amour du Christ pour lui, il a pris conscience de ce don total que le Christ va faire de sa vie pour lui et pour tous ses frères et sœurs, et fortifié par l'Esprit-Saint, il ira en prison, il ira jusqu'à la mort pour témoigner de cet amour pour le Seigneur. Tous, toutes, nous sommes appelés à témoigner de notre amour pour le Seigneur, chacun, chacune à sa manière. Il n'y a aucune piste, aucune route qui soit privilégiée pour le Seigneur. L'essentiel, c'est de donner tout son amour et de ne jamais se reprendre pour avoir, lorsqu'on a la faiblesse comme Pierre de tomber, assez de ressort, de confiance en l'amour de Dieu pour qu'avec son aide et son pardon on reparte de nouveau à sa suite. Pierre s'est rendu compte qu'il avait été faible et que sans l'amour du Seigneur, il n'aurait pas pu être fidèle. Nous aussi, sans cette confiance totale au Seigneur, nous ne pouvons pas être fidèles à notre baptême et nous le savons par expérience. Alors aujourd'hui nous sommes invités, à l'exemple de Pierre, à reconnaître nos faiblesses, notre pauvreté, pour que le Seigneur puisse nous remplir de sa force et de son amour et nous aider à marcher sur la route de la vie, sur la route du bonheur, sur la route de la joie à laquelle il nous appelle. Aujourd'hui, nous avons la joie d'accueillir Claude. Claude qui comme nous tous, a cheminé dans la fidélité, plus ou moins. Elle a essayé d'être fidèle à son baptême, avec des hauts et des bas; elle a porté sa croix, la croix de sa maladie, qu'elle continue à porter. Elle l'a portée cette croix, même quelquefois avec révolte. Enfin, après avoir réfléchi et prié, après avoir rencontré le Seigneur, après avoir découvert que même à travers cette croix qu'elle porte, c'est le Seigneur qui est présent auprès d'elle, dans sa vie, c'est le Seigneur qui lui montre son amour, c'est le Seigneur qui l'aide ainsi à grandir dans cet amour, et à approfondir cet amour, cet amour total envers Dieu. Et peu à peu, elle a découvert que le Seigneur l'appelle à une vocation spécifique, à une vocation de consacrée, à une vocation pour être le signe de cette Eglise, épouse du Christ, ici à Saint-Pierre. Elle aurait pu choisir d'autres voies, comme religieuse, comme les sœurs qui sont parmi nous. Elle aurait pu choisir d'autres voies, mais c'est cette voie-là où elle s'est sentie appelée. Etre signe de l'Eglise, épouse du Christ à Saint-Pierre ; elle continuera à vivre parmi nous de la même façon, à porter sa croix, la croix de sa maladie, à mener le combat avec la paix du cœur se sachant aimée de Dieu - elle la porte avec la joie au fond de son cœur, parce qu'elle se sait aimée de Dieu et que, à travers cette maladie même, le Seigneur lui a confié une mission au milieu de nous, être signe de l'amour de Dieu, être signe aujourd'hui de cette Eglise, épouse aimée du Christ à Saint-Pierre. Tout à l'heure, je vais lui remettre l'alliance qui est le signe de cette Alliance avec le Christ, le signe de cette mission qu'elle reçoit au milieu de nous. Humblement à présent, regardons dans nos cœurs et demandons-nous comment, chacun d'entre nous accueille et vit sa propre mission dans notre Eglise. Claude a sa mission, Pierre avait sa mission, chacun, chacune d'entre nous dans l'église, a un travail à accomplir. Demandons au Seigneur qu'Il nous aide peu à peu à trouver cette mission, ce travail qui est le nôtre dans notre Eglise de Saint Pierre, à être davantage disponibles pour répondre à cette mission. Demandons-Lui aussi qu'Il réveille dans le cœur de nos jeunes le désir de le servir. Dans le passé, beaucoup l'ont servi, de différentes façons...aujourd'hui, c'est à nous de réveiller, avec l'aide du Seigneur, dans le cœur des jeunes, cet appel que beaucoup ont entendu et entendent encore dans notre archipel, pour continuer à témoigner de l'Amour de Dieu et à répondre totalement au Christ pour assumer la mission qu'il nous a confiée. |
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