|
Homélie de Monseigneur Joseph Doré, Archevêque de Strasbourg Très chers paroissiens, diocésains de Saint-Pierre et Miquelon, Très chers frères et sœurs dans le Christ, Je trouve très heureux et plein d’enseignement pour nous, le fait que les textes retenus pour l’ordination épiscopale de Monseigneur Fischer et que nous venons d’entendre, soient, ni plus, ni moins, ceux que la liturgie de notre Église propose en ce dimanche où nous fêtons la Sainte Trinité - soit donc les textes eux-mêmes qui ont été lus ou entendus, ou le seront encore, dans toutes les communautés chrétiennes qui célèbrent en ce dimanche la Trinité de notre Dieu. Il y a là en effet, parmi d’autres, le signe très clair de ce que représente un évêque dans l’Eglise: “il est tout entier au service de la vie et de la foi du peuple de Dieu. Sa mission n’a de sens que par rapport à cela.” Cher Père Fischer, il me semble que les textes de ce jour, décrivent bien la mission qui va être, comme Evêque de ce Diocèse, la vôtre désormais. Vous êtes appelé à être pasteur d’ un peuple au sein de l’ église universelle pour une alliance de vie. Tels sont précisément, les points que je voudrais brièvement commenter, avant de procéder dans un instant, à votre ordination épiscopale. Pasteur d’un peuple : c’est cela qui vient en premier. L’évêque est envoyé
par Dieu, pour conduire sur le chemin de la foi et dans la vie de la foi
et par là, sur le chemin de Dieu, la portion du peuple de Dieu qui lui
est confiée et qui constitue son diocèse. La grande prière consécratoire
que nous dirons tout à l’heure nous le rappellera, car elle priera ainsi
: Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, Père plein de tendresse, de qui vient tout réconfort, Toi qui est au plus haut des cieux et qui regarde les plus humbles. Tout au long de l’ancienne alliance, tu commençais à former ton Église en formant ton peuple. Tu as destiné le peuple issu d’Abraham, à être un peuple saint, et pour cela tu lui as envoyé des chefs et des pasteurs qui puissent le conduire. Maintenant, répands ton Esprit sur celui que tu as choisi, pour qu’il remplisse sans défaillance, la fonction de grand prêtre et de pasteur de ton peuple saint. Voilà ce que solennellement dans la prière de l’église tout à l’heure,
nous allons demander, frères et sœurs pour cet homme qui s’appelle Lucien
Fischer, prêtre de l’Eglise du Christ, membre de la Congrégation des Pères
du St Esprit et qui vous est donné comme évêque. - L’Evêque est l’envoyé de Dieu qui reçoit pour mission d’annoncer au peuple la parole qui le conduira sur le chemin de la vie et qui reçoit pour mission à partir de là de présider à la célébration des sacrements de la vie. C’est pour cela, cher père Fischer, que je vous imposerai les mains, que je vous oindrai du Saint Chrême, en demandant au Seigneur de vous pénétrer de sa grâce comme d’une onction spirituelle, afin qu’il rende fécond votre ministère, pour votre peuple, par la bénédiction de l’Esprit Saint. Et c’est aussi ce que signifiera la crosse que je vous remettrai, ce bâton de pasteur, qui sera signe de votre charge, et qui vous rappellera que vous devez prendre soin de tout le troupeau du Seigneur dans lequel l’Esprit-Saint vous aura établi comme Evêque pour former l’Eglise de Dieu. L’ensemble de votre mission de pasteur se résume bien dans ce passage de la première lecture que nous avons entendue tout à l’heure. Vous aurez pour mission essentielle de rappeler sans cesse au peuple qui vous sera confié, cette consigne du Livre du Deutéronome adressée à tout homme qui veut bien l’entendre. Sache donc aujourd’hui et médite cela dans ton cœur, le Seigneur est Dieu là-haut dans le ciel, comme ici bas sur la terre, et il n’y en a pas d’autre. Tu gardera tous les jours les commandements qu’il te donne et ainsi tu pourras connaître, toi et tes fils sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu, bonheur et longue vie dans ce monde où tant de choses nous préoccupent légitimement, où tant de soucis nous habitent, où tant de difficultés peuvent nous retenir où tant d’épreuves peuvent tomber sur nous, où aussi tant de facilités peuvent nous guetter, tant de duretés peuvent marquer nos vies, où nous pouvons devenir si superficiels, où nous pouvons tellement oublier l’essentiel : qu’il existe un Dieu vivant et vrai auquel on peut faire confiance à la vie à la mort, qu’il faut s’aimer, et s’aider les uns les autres qu’on doit pouvoir se pardonner, que la foi peut transporter les montagnes. Dans ce monde là, l’évêque est envoyé de la part de Dieu pour dire qu’il existe un Dieu vivant et vrai, que sa parole peut éclairer nos vies, que son Esprit peut les soutenir et les guider, et qu’ainsi nous pouvons aboutir, car nous allons quelque part dans la maison de Dieu, qu’ainsi nous pouvons espérer la résurrection de la chaire, et la vie éternelle. S’il existe en ce monde des évêques envoyés à la suite des apôtres du Christ, c’est pour rappeler aux hommes et aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées, aux malades, au prisonniers, à tous ceux qui sont en interrogation sur le sens de leur vie, qu’il existe la possibilité de croire, la possibilité d’aimer, la possibilité d’espérer. Père Fischer, vous êtes envoyé pour être pasteur d’un peuple, auquel il vous revient de dire avec vos collaborateurs, cette parole de vie, et pour lequel il vous sera donné de célébrer avec eux, les sacrements de la vie. Pasteur d’un peuple, vous le serez, cher père, au sein de l’église universelle. Venu d’ailleurs, recevant sa mission de l’évêque de Rome , pape de l’ensemble de l’église catholique répandue sur toute la terre, l’évêque exerce certes, sa responsabilité par rapport à un diocèse déterminé, qui est la portion d’église qui lui a été confiée, mais il le fait, frères et sœurs de telle sorte qu’il signifie à ce peuple son rattachement à toute une église, à toute l’église catholique, répandue par toute la terre et finalement le rattachement de ce peuple à l’humanité toute entière comme peuple de Dieu. En même temps que par moi-même, venu donc d’Alsace, vous serez ordonné par deux évêques co-consécrateurs, qui sont à mes côtés, l’évêque de Saint John’s, de Terre Neuve, votre voisin canadien, et puis un évêque du Gabon, votre fils et votre frère venu d’Afrique . L’Alsace et donc l’Europe d’un côté, l’Amérique et l’Afrique de l’autre - quel beau symbole. D’ailleurs, votre Congrégation, celle des Pères du Saint-Esprit, vous a habitué, selon sa tradition et son esprit propre qui vous ont formés, à tourner vos regards vers l’ailleurs, vers le lointain et à ouvrir votre cœur aux autres régions du monde ; trente ans au Gabon, et aux autres Nations de la terre. De votre foi chrétienne et de votre tradition religieuse, vous avez appris la portée universelle de la parole de Paul aux Romains, que nous avons entendue comme deuxième lecture, “Frères, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, sont Fils de Dieu”, tous ceux qui ont ainsi accueilli l’Esprit de Dieu sont Fils du même Dieu, et frères. Tous peuvent crier vers Dieu, en l’appelant, Abba, Père. L’Evêque, chaque évêque, tous les évêques, sont au service de l’annonce de cette bonne nouvelle, à un peuple, dans un peuple, pour un peuple, mais qui vaut pour le monde entier. Cette bonne nouvelle qui dit que tous les hommes sont frères et qu’il leur revient donc de s’efforcer de vivre comme tels, dans le lieu géographique et historique qui est certes, celui de leur vie propre, mais qui les appelle à reconnaître les dimensions planétaires et proprement universelle de leur existence et de leur destin. Pasteur d’un peuple, au sein de l’église universelle l’évêque est donné à un diocèse pour une alliance de vie. C’est ce qu’il me reste à vous dire. Entre celui qui est envoyé à cette portion du peuple de Dieu qui est un diocèse et les membres de son peuple, il se passe quelque chose comme une alliance et c’est bien ce que signifie, cher Père, l’anneau que je vous remettrai et que désormais, vous ne cesserez plus de porter Il vous rappellera jour après jour, votre lien, désormais fondamental à votre diocèse , à votre peuple, ce peuple pour lequel vous aurez quitter tout le reste et qui sera désormais votre peuple. Monseigneur MAURER l’avait bien compris, et je ne doute pas que vous aussi, vous le réalisez. Désormais cher Père, vous serez saint-pierrais, miquelonnais, par la même occasion, je ne sépare pas les deux, j’ai appris que c’était le même archipel de France. Aimer ceux qui vous sont confiés, à la fois comme un père et comme un frère - aimer tous ceux que Dieu vous aura confiés, et d’abord les prêtres vos compagnons dans le mystère du Christ, mais aussi les pauvres, les faibles, les gens de passage, les étrangers. Inviter les fidèles à travailler avec vous à l’oeuvre de l’église, et pour cela ayez le souci de les écouter volontiers, en vue de les associer à votre travail ; sachez que votre vie est désormais avec eux et pour eux toute entière. Vous savez bien que vous trouverez pour cela, en Monseigneur Maurer, à la fois un exemple et un modèle. Quant à vous chers frères et sœurs, saint-pierrais et miquelonnais qui vous voyez donner ce nouvel évêque, accueillez-le avec joie et reconnaissance, reconnaissez-le et traitez-le comme le ministre du Christ et l’intendant pour vous des mystères de Dieu, comme celui qui a reçu mission et grâce pour rendre témoignage en ce monde, à l’évangile de vérité et pour remplir parmi vous avec ses collaborateurs, le ministère de la vérité qui libère et de la vie qui ne finit pas. Le moment est venu de procéder maintenant à la Consécration Episcopale de Monseigneur Fischer. Dans les quelques instants de silence qui vont maintenant précéder l’ordination elle-même, je vous invite, je nous invite, à méditer déjà, la prière sur laquelle le nouvel ordonné nous invitera lui-même à clore la célébration de son ordination. “ Veille avec bonté Seigneur, sur les biens que tu m’as accordés par ta grâce. Toi qui m’a appelé à la charge d’évêque, donne-moi de remplir ma mission comme tu le désires, mets un même amour au cœur du peuple et de son chef, que toujours le troupeau marche avec son pasteur et que toujours le pasteur soit au service de son troupeau - Amen”. |
||