| INAUGURATION DE LA CHAPELLE DE LANGLADE - Dimanche, 18 septembre 1927 |
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- Il est 5h ½. L'Angélus est annoncé par un joyeux carillon des trois cloches de l'église de Saint Pierre : c'est le signal convenu que la fête de Langlade aura lieu aujourd'hui. Hier on avait des craintes sérieuses que les vents, cette fois encore, ne vinssent contrarier le pèlerinage projeté ; mais, ce matin, c'est le calme sur la mer et le soleil promet d'être de la partie. La messe de 6h terminée, on se hâte, à bord du " Saint-Pierre ", de terminer
les préparatifs du départ, car le bateau se mettra en route dès 7h. Sur
le pont supérieur est installé un brancard, garni de roses d'où émerge
la statue de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus. Au mât de misaine, un superbe
pavillon, tout flambant neuf, blanc, bordé de vert avec, au milieu, en
grande lettres brodées, le chiffre de la chère Sainte ; au grand mât,
le pavillon de la " Morue française " ; à l'arrière le pavillon
Pour faciliter le débarquement, le " Saint-Pierre " et le " Dangeac " accostent : les passagers y descendent de plein pied et sont alors amenés à quelques brasses de la plage ; là où les doris viennent les cueillir. Langlade. Tous ont hâte d'aller jusqu'à la chapelle qu'on voit au loin, à la limite de la propriété Paturel. On la contourne ; on admire la tour, le perron, toute la structure. On jette un regard dans l'intérieur où l'on ne pourra pénétrer qu'après la bénédiction : les parois de la voûte sont recouvertes de bois de cèdre du plus bel effet ; dans le sanctuaire on voit un gracieux autel offert par la paroisse de Miquelon ; le long de la corniche est fixée une banderole d'où se détachent ces mots : JE VEUX PASSER MON CIEL A FAIRE DU BIEN SUR LA TERRE. A droite et à gauche, deux petits appartements : l'un sert de sacristie ; l'autre de pied-à-terre pour le prêtre quand il vient dire la messe à Autour de la chapelle, des mâts ornés de mousse et de roses, reliés entre eux par des drisses où flottent des oriflammes. Il est 10 heures. La cloche de la chapelle annonce que la cérémonie va commencer. Devant l'ancienne Gendarmerie, Mgr le Préfet Apostolique, entouré de son Clergé, procède à la bénédiction de la statue de la chère Petite Sainte. De nombreux enfant de chœur sont là, avec un groupe de fillettes qui portent des bouquets de roses. Des enfants de Marie, en costumes blanc, prennent sur leurs épaules le brancard où se trouve la sainte Image, pendant que retentit un Magnificat triomphal. Et la procession s'ébranle au chant de cantiques…
La messe est dite par Monseigneur à l'intention de toutes les personnes qui ont contribué - et qui contribueront encore - à l'érection et à l'embellissement de la chapelle ; puis pour les familles des trois paroisses de la Colonie et pour tous les Amis absents. Les paroissiens de Miquelon font, d'une façon remarquable, les frais du chant, soutenus par un petit harmonium qu'ils ont apporté avec eux. La cérémonie de l'inauguration est terminée à 11h. ½. Les uns après les autres, la foule des pèlerins pénètrent dans la chapelle. Beaucoup ont à rendre grâce à la chère Petite Sainte pour des faveurs reçues. Puis on se disperse pour les pique-niques. Les groupes s'éparpillent sur la verdure le long de la colline ; et l'on fait honneur aux provisions que chacun avait apportées. Les Vêpres de la bénédiction du Très Saint Sacrement ne devant avoir lieu que vers deux heures, on aura donc le temps de faire une promenade et de s'amuser. Et tout ce cher monde, la joie au cœur, passe des moments délicieux, dans un site plein de poésie. Ici, la " Belle Rivière ", auprès de laquelle s'élève le chalet du Gouverneur. Plus loin, c'est l'ancienne Gendarmerie, remise à neuf. De-ci de-là, des résidences de fermiers et des villas. Devant soi, la vaste mer où l'on peut compter cinq vapeurs et trente-six doris qui ont amené du monde. Avec cela, un soleil printanier, et une brise délicieuse, et pas de moustiques ! Non : on ne pouvait, la veille, compter sur une pareille journée ! Les Vêpres de Sainte Thérèse ont été chantée avec brio par la chorale de Miquelon. Au salut du Saint Sacrement, les Enfants de Marie de Saint-Pierre ont fait entendre quelques beaux morceaux de leur répertoire. La chapelle étant trop petite pour la foule de ce jour, la plupart des pèlerins ont été obligés de rester aux abords. A 3 h. le " Pro Patria " annonce qu'il est temps de commencer l'embarquement, On se prépare donc, non sans quelque regret ; et l'opération est menée rondement, grâce au concours des doris. En moins de ¾ d'heure, les pèlerins sont à bord, qui du " Dangeac ", qui du " Saint-Pierre ", qui du " Pro Patria ". Le " Dangeac " lève l'ancre le premier : dans deux heures il aura reconduit ses passagers à Miquelon. Le " Pro Patria " se met en route pour le chef-lieu, suivi bientôt du " Saint-Pierre " qui, avec le " Philosophe " et le " Vinces ", se charge de recueillir les retardataires. Personne ne reste en arrière ; et tous sont contents. Dans " la baie ", sur un espace de cinq kilomètres, c'était un ravissant spectacle que celui des doris de l'Île-aux-chiens rentrant à la voile : on eût dit des régates. 5h. ½ - Saint Pierre ! Le " Pro Patria "arrivé le premier, salue les bateaux qui sont sur rade, et va reprendre sa place devant la douane ; il est bientôt suivi des autres vapeurs. La foule des grands jours est là pour attendre les heureux voyageurs. Un mot circule : " Splendide ! " auquel répondent maintes voix " Si on avait su !... Mais j'en serai l'an prochain ! " Et tout de suite une résolution se précise : ! Au mois d'août prochain, et puis chaque année, on fera un pèlerinage à Sainte Thérèse de Langlade ! Vive Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
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